Les Touaregs à l’origine du thé au Sahara
La consommation du thé arrive au Sahara depuis le Maroc. Les Touaregs, populations nomades qui parcourent le désert, s’emparent alors de la tradition marocaine et en font leur rituel propre, symbole de convivialité et d’accueil. Le chef de famille est celui qui se charge de préparer le thé. Le thé consommé est un thé vert Gunpowder, importé de Chine. Le rituel se déroule devant les invités.
Crédit photo : Sergio Pessolano
L’infusion du thé
Tout d’abord, l’eau est mise à chauffer dans une bouilloire en métal. Lorsque celle-ci chante, le chef de famille mesure la bonne quantité de thé à l’aide d’un verre et la verse dans la théière. Il rince les feuilles avec une première eau, qui est jetée ou sert aux invités à se rincer les mains. Puis l’eau de la bouilloire est versée sur les feuilles. La théière est ensuite placée sur le fourneau à braises. Lorsque l’hôte juge le thé suffisamment infusé, il dépose la théière sur un plateau.
L’ajout du sucre et le transvasement du thé
À l’aide d’un petit marteau (en cuivre ou en étain), il détache des morceaux du pain de sucre et les ajoute au thé. Le liquide brûlant est ensuite transvasé dans une seconde théière, avant d’être reversé dans la première. Le geste est répété plusieurs fois afin d’aérer le thé, de le faire mousser et de dissoudre les morceaux de sucre. Enfin, le chef de famille goûte le thé et, s’il est satisfait, remplit les petits verres en servant le thé de haut, avant de les distribuer aux convives.
La dégustation
Une fois vidés, le chef de famille récupère les verres pour les remplir à nouveau. Si un convive rend son verre retourné, il signifie qu’il ne veut plus être servi. Il est poli cependant d’accepter les trois tournées traditionnelles, préparées sans changer les feuilles mais en rajoutant du sucre, d’où le proverbe suivant :
« Le premier thé est âpre comme la vie,
le deuxième thé est doux comme l’amour,
le troisième thé est suave comme la mort. »
Proverbe touareg
Sources :
Maït Foulkes, Jacques Boulay, Délices du thé, Plume, Flammarion, Paris 2001
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